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Prise en charge des populations clés

Populations clés

L’expression « populations clés » désigne les populations les plus exposées au VIH/sida.
Souvent marginalisées, la stigmatisation sociale dont elles font l’objet alimente leur vulnérabilité au VIH, et inversement.

On entend spécifiquement par le terme « populations clés », les groupes de la population dans lesquels les taux de séroprévalence sont bien au dessus de ceux de la population générale :

  • les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes,
  • les personnes trans,
  • les usagers de drogues injectables,
  • les professionnel(le)s du sexe et leurs clients,
  • les personnes détenues ou incarcérées,
  • les personnes en situation de handicap,
  • les partenaires séronégatifs des couples sérodifférents,
  • les travailleurs migrants ou toute personne à forte mobilité

Ces catégories sont relativement transversales, mais d’autres catégories peuvent se rajouter selon les différents contextes épidémiologiques nationaux à travers le monde. Par ailleurs, une même personne peut appartenir à plusieurs de ces catégories, décuplant ainsi son exposition au virus.

Pour ne pas concourir à une stigmatisation encore plus forte que celle qui est déjà vécue, le terme de « populations clés » a remplacé celui de « population à risque » ou de « personnes vulnérables ».
On entend également par « population clés », le fait que la mobilisation communautaire et leur participation à la construction des programmes de réduction des risques sexuels qui leur sont destinées, sont indispensables dans la réussite à la riposte à l’épidémie.

Source : Plateforme Elsa

Recommandations de l’OMS pour les populations clés

L’Onusida estime qu’au moins 50 % des plus de 2 millions de nouvelles infections à VIH (chiffres 2013) se produisent parmi des populations clés. Et cela même dans les pays où l’épidémie est considérée comme généralisée, c’est-à-dire lorsqu’elle affecte plus de 1 % de la population générale. La réalité épidémique actuelle est donc une superposition d’épidémies généralisées et d’épidémies concentrées dans les populations clés. D’où l’enjeu immense des nouvelles recommandations de l’OMS pour ces populations !

Le département VIH de l’OMS a travaillé avec de nombreux partenaires et experts pour ces nouvelles recommandations qui devraient permettre d’accélérer la lutte contre l’infection à VIH auprès de ces populations dans les pays à ressources limitées. Les populations clés ciblées sont : les hommes qui ont des rapports avec d’autres hommes (HSH) ; les personnes qui utilisent des drogues injectables (UDVI) ; les personnes incarcérées, les travailleurs et travailleuses du sexe et enfin les personnes transgenres. En effet, partout dans le monde, ce sont les populations les plus affectées par le VIH et sans leurs implications, il ne sera pas possible de parvenir à contrôler l’épidémie.

Ces nouvelles recommandations proposent tout d’abord un ensemble d’interventions, dont l’efficacité a été validée scientifiquement. On y trouve naturellement la mise à disposition de préservatifs et de gels lubrifiants, les activités de réduction des risques liés à l’usage de drogue (comme la fourniture de seringues stériles ou l’accès à des traitements de substitution aux opiacés), les activités classiques de prévention permettant l’adoption d’un comportement plus sûr, mais également des actions permettant l’accès au dépistage, aux soins et aux traitements pour ces populations. C’est d’ailleurs l’originalité de ces recommandations, l’absence de séparation entre les actions de prévention, celles de dépistage et de prise en charge médicale. C’est leur combinaison qui permet une intervention efficace selon l’OMS.

Enfin, pour compléter ces pistes, l’OMS recommande de travailler sur l’environnement dans lequel vivent les populations clés : il s’agit de permettre l’adoption et la promotion de législations, de politiques et d’engagements financiers permettant le travail avec ces populations. Ce qui passe notamment par la dépénalisation de certains comportements et pratiques, comme l’usage de drogue ou l’homosexualité. En complément, l’OMS insiste sur le fait qu’un travail de lutte contre les discriminations et la stigmatisation dont sont victimes ces populations s’impose. Elle va même plus loin, en enjoignant les pays à travailler directement à l’autonomisation et au développement des structures communautaires issues de ces populations et à s’attaquer aux violences que ces groupes ou individus peuvent subir.

Ces recommandations très détaillées étaient attendues depuis longtemps par les acteurs de la lutte contre le sida dans les pays à ressources limitées. L’autorité reconnue de l’OMS devrait permettre leur intégration progressive aux politiques nationales. Enfin, ces recommandations innovent en proposant la prescription d’un traitement prophylactique pour les hommes homosexuels et celle, plus facile et plus étendue, de la naloxone dans le traitement des overdoses chez les usagers de drogue. Reste que les meilleures recommandations du monde ne changent pas immédiatement la situation sur le terrain. Les acteurs et les pays devront se les approprier, et il y a fort à parier que ce ne sera pas facile. Il ne s’agit pas moins que de remettre en question des politiques, notamment en matière de pénalisation de certains comportements, qui sont au cœur de nombreuses polémiques entre responsables politiques et défenseurs des droits humains.

Source : OMS

Pour en savoir plus.

 

Quelques réalisations en 2014

  • 430 tests de dépistage réalisés à l’endroit des HSH (420 HSH et 10 FSF)
  • 45 cas positifs (44 HSH et 1 FSF)
  • Taux de séropositivité 10,46%